Agents anaboliques contre l'ostéoporose : teriparatide et abaloparatide

Agents anaboliques contre l'ostéoporose : teriparatide et abaloparatide

Quand les os se fragilisent, il faut agir autrement

Quand on est diagnostiqué avec une ostéoporose sévère, les traitements classiques comme les bisphosphonates ne suffisent plus. Ils ralentissent la perte osseuse, mais ne reconstruisent pas ce qui a été perdu. C’est là que les agents anaboliques entrent en jeu. Parmi eux, deux médicaments se démarquent : le teriparatide et l’abaloparatide. Tous deux stimulent la formation de nouveaux os, contrairement aux traitements traditionnels. Mais ils ne sont pas interchangeables. Le choix entre les deux peut changer votre pronostic à long terme.

Comment ces médicaments fonctionnent-ils vraiment ?

Le teriparatide est une version synthétique d’une partie de l’hormone parathyroïdienne (PTH 1-34). Il a été le premier agent anabolique approuvé aux États-Unis en 2002. L’abaloparatide, lui, est une version modifiée d’une protéine proche de la PTH, appelée PTHrP. Ce petit changement chimique a un grand impact : il se lie de manière plus sélective au récepteur de la PTH dans les os. Résultat ? Il active davantage la formation osseuse et moins la résorption osseuse.

Ce n’est pas qu’une différence théorique. Des études montrent que l’abaloparatide augmente plus rapidement la densité minérale osseuse (DMO) au niveau du col du fémur et du bassin que le teriparatide. À 18 mois, la DMO du col du fémur augmente de 2,93 % avec l’abaloparatide contre seulement 1,49 % avec le teriparatide. Pour une personne âgée avec un T-score à -2,7, cela peut signifier passer de la catégorie « très haute fracture » à « élevée », ce qui réduit radicalement les risques.

Quel impact sur les fractures ?

Le but ultime d’un traitement contre l’ostéoporose, c’est d’éviter les fractures. Et ici, les données sont claires : les deux médicaments réduisent les fractures vertébrales, mais l’abaloparatide fait mieux pour les fractures non vertébrales - notamment celles du bassin et du poignet.

Une étude de 2024 portant sur plus de 43 000 femmes a montré que l’abaloparatide réduisait les fractures du bassin de 17 % par rapport au teriparatide. Le taux de fractures non vertébrales était aussi plus bas : 4,4 % contre 5,0 %. Pour une femme de 70 ans ayant déjà eu une fracture du poignet, ce 0,6 % de différence peut être décisif. Elle ne sera peut-être pas la prochaine à tomber au sol avec une hanche cassée.

Le teriparatide reste efficace, surtout pour les fractures vertébrales. Mais si votre risque est surtout lié à la fragilité du bassin - souvent le cas chez les femmes âgées - l’abaloparatide offre un avantage concret.

Femme âgée au bord d'une falaise, son hanches osseuses brillantes et renforcées, tandis qu'une fracture se désintègre en poussière.

Les effets secondaires : un point clé pour choisir

Les deux médicaments provoquent des effets secondaires : étourdissements, nausées, douleurs au site d’injection. Mais un effet est beaucoup plus fréquent avec le teriparatide : l’hypercalcémie, soit un taux trop élevé de calcium dans le sang.

Dans les essais cliniques, 6,4 % des patients sous teriparatide ont eu une hypercalcémie, contre seulement 3,4 % avec l’abaloparatide. C’est presque le double. Pour certains patients, cela signifie des visites fréquentes à l’hôpital, des bilans sanguins répétés, voire l’arrêt du traitement. Sur les forums de patients, beaucoup racontent avoir switché de teriparatide à abaloparatide après avoir eu des niveaux de calcium anormaux. Un utilisateur a écrit : « J’ai arrêté le teriparatide après trois mois de taux de calcium élevés. Avec l’abaloparatide, tout est rentré dans l’ordre en trois mois. »

Le teriparatide cause aussi plus d’étourdissements. Dans une enquête de 2023, 41 % des patients ont rapporté des vertiges, contre 29 % pour l’abaloparatide. Ce n’est pas anodin : pour une personne âgée, un étourdissement peut être le début d’une chute.

Coût et accessibilité : le poids de la réalité

Le teriparatide est devenu générique en janvier 2024. Son prix est tombé à environ 4 200 $ par mois. L’abaloparatide, toujours sous brevet, coûte 5 750 $ par mois - soit 30 % de plus. Ce n’est pas juste une question de budget. Dans 44 % des cas, les patients avec abaloparatide ont eu des refus d’assurance, contre 28 % pour le teriparatide.

La différence de prix explique pourquoi le teriparatide reste le traitement le plus prescrit. En 2023, il représentait 38 % du marché des agents anaboliques, contre 25 % pour l’abaloparatide. Mais ce n’est pas une raison pour choisir le moins cher si votre risque de fracture est élevé. Pour les patients avec un T-score du bassin inférieur à -3,0, les recommandations médicales américaines indiquent clairement : privilégiez l’abaloparatide.

Comment et combien de temps les prendre ?

Les deux médicaments se prennent de la même manière : une injection sous-cutanée quotidienne, avec un stylo prérempli. Il faut les conserver au réfrigérateur entre 2 et 8°C. La plupart des patients ont besoin de 6 à 12 mois pour maîtriser la technique - surtout pour éviter les ecchymoses ou les injections mal faites.

Le traitement dure au maximum 18 à 24 mois. Après, il faut passer à un traitement antirésorptif comme l’alendronate ou le denosumab. Sinon, les gains osseux se perdent rapidement. Une étude a montré que 68 % des patients qui ont suivi l’abaloparatide par un alendronate ont conservé une DMO stable après 3,5 ans. Ce n’est pas un traitement isolé - c’est une stratégie en deux temps.

Le suivi est crucial : une DEXA (absorptiométrie à deux rayons X) doit être faite à 6 et 18 mois. Si la DMO de la colonne vertébrale n’a augmenté que de moins de 3 % à 6 mois, le traitement n’est probablement pas efficace. Il faut alors envisager un changement.

Deux stylos d'injection sur une table de nuit, l'un émettant une lueur dorée, l'autre bleue, avec une ombre de colonne vertébrale renforcée sur le mur.

Que disent les experts ?

Le Dr Benjamin Leder, qui a dirigé l’étude ACTIVE, souligne que l’abaloparatide « active mieux la formation osseuse sans stimuler autant la dégradation ». C’est pourquoi il donne de meilleurs résultats au niveau du bassin.

Le Dr Felicia Cosman, éditrice en chef d’une revue spécialisée, ajoute : « Pour les patients avec un historique de fractures non vertébrales, abaloparatide est la meilleure option. »

Mais le Dr Ethel Siris, une voix critique, rappelle que la réduction absolue du risque de fracture est parfois minime : 0,3 % en moins sur les fractures vertébrales. Pour elle, ce n’est pas toujours justifié par le coût.

La vérité ? Il n’y a pas de bonne réponse universelle. Cela dépend de votre âge, de votre historique de fractures, de votre T-score, de votre budget et de votre tolérance aux effets secondaires.

Et l’avenir ?

Des essais sont en cours pour développer une version hebdomadaire de l’abaloparatide. Si elle est approuvée, elle pourrait réduire les erreurs d’adhérence - un problème majeur avec les injections quotidiennes. L’Agence américaine des médicaments (FDA) encourage aussi le développement de traitements plus longs, au-delà des 24 mois actuels. Cela pourrait changer la donne pour les patients très âgés ou très fragiles.

Le marché de l’ostéoporose va continuer de croître. D’ici 2030, un Américain sur cinq aura plus de 65 ans. Et près de 10 millions ont déjà une ostéoporose sévère. Les agents anaboliques ne sont plus une option marginale. Ils sont devenus une pierre angulaire du traitement.

Quel traitement pour vous ?

Si vous avez une ostéoporose sévère, avec un T-score du bassin à -3,0 ou moins, et que vous avez déjà eu une fracture non vertébrale, l’abaloparatide est probablement votre meilleur choix - même s’il coûte plus cher.

Si votre T-score est plus élevé, si vous avez des antécédents d’hypercalcémie, ou si votre assurance refuse de couvrir l’abaloparatide, le teriparatide reste un excellent traitement. Il est efficace, bien connu, et désormais plus abordable.

Le choix n’est pas entre « bon » et « mauvais ». C’est entre « adapté » et « moins adapté ». Parlez-en à votre médecin. Montrez-lui vos résultats de DEXA. Parlez de vos peurs : les chutes, les douleurs, les injections, les frais. Ensemble, vous trouverez la meilleure voie.

Quelle est la différence entre teriparatide et abaloparatide ?

Le teriparatide est une partie de l’hormone parathyroïdienne, tandis que l’abaloparatide est une version modifiée d’une protéine proche (PTHrP). L’abaloparatide se lie de manière plus sélective au récepteur osseux, ce qui stimule davantage la formation osseuse et moins la dégradation. Cela se traduit par une meilleure augmentation de la densité osseuse au bassin et un risque plus faible d’hypercalcémie.

L’abaloparatide est-il vraiment plus efficace que le teriparatide ?

Oui, pour certaines fractures. Les études montrent que l’abaloparatide réduit davantage les fractures du bassin et des membres inférieurs. Pour les fractures vertébrales, les deux sont très efficaces. Mais l’abaloparatide augmente aussi plus rapidement la densité osseuse au col du fémur - un point crucial pour les personnes âgées à risque de chute.

Pourquoi l’abaloparatide cause-t-il moins d’hypercalcémie ?

Parce qu’il active un type spécifique de récepteur (RG) dans les os, sans stimuler autant les voies qui libèrent le calcium dans le sang. Le teriparatide active plusieurs voies, y compris celles qui augmentent la libération de calcium par les os et les reins, ce qui élève le taux sanguin.

Combien de temps faut-il prendre ces médicaments ?

Au maximum 18 à 24 mois. Après cette période, la formation osseuse ralentit, et le risque d’effets secondaires augmente. Il est essentiel de passer ensuite à un traitement antirésorptif comme l’alendronate ou le denosumab pour conserver les gains.

Puis-je arrêter le traitement si je n’ai pas de douleur ?

Non. L’ostéoporose est silencieuse. Même sans douleur, vos os continuent de se fragiliser. L’objectif n’est pas de soulager la douleur, mais de prévenir les fractures. Arrêter prématurément augmente le risque de fracture de 3 à 5 fois dans les 12 mois suivants.

Est-ce que le teriparatide générique est aussi efficace que le produit original ?

Oui. Les génériques doivent prouver qu’ils sont bioéquivalents à l’original. Le teriparatide générique, apparu en 2024, a le même profil d’efficacité et de sécurité que le produit de marque. La différence est uniquement dans le prix.

Quels sont les signes que le traitement ne fonctionne pas ?

Si, après 6 mois, votre densité osseuse a augmenté de moins de 3 % au niveau de la colonne vertébrale, le traitement n’est probablement pas efficace. Un autre signe : des fractures répétées malgré le traitement. Dans ces cas, il faut revoir la stratégie avec votre médecin.

Faut-il faire des examens de sang réguliers ?

Oui. Des analyses de calcium, de vitamine D et de fonction rénale doivent être faites au début du traitement, puis tous les 3 à 6 mois. L’hypercalcémie peut être asymptomatique, mais dangereuse. Un taux de calcium supérieur à 10,5 mg/dL exige une interruption du traitement.

Commentaires (2)

  • Nathalie Silva-Sosa

    Nathalie Silva-Sosa

    Je viens de commencer l’abaloparatide après 3 mois de teriparatide avec des pics de calcium à 11,2 mg/dL... J’ai tout arrêté et switché. Depuis, plus d’étourdissements, plus de fatigue, et ma DMO a grimpé de 4,1 % en 6 mois. 🙌❤️

    janvier 21, 2026 AT 04:11
  • Seydou Boubacar Youssouf

    Seydou Boubacar Youssouf

    Mais qui dit que les os doivent être ‘denses’ ? La nature, elle, ne fait pas de DEXA. Peut-être qu’on a juste oublié que les os sont vivants, pas des poutres en béton. 🤔

    janvier 21, 2026 AT 11:53

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