Les prescriptions verbales représentent un risque majeur en santé. Bien qu'indispensables dans certaines situations, elles nécessitent des protocoles stricts pour éviter les erreurs. Chaque année, des milliers de patients sont exposés à des erreurs médicamenteuses liées à ces ordres oraux. Selon l'Institut pour la Sécurité des Médicaments Canada (ISMP Canada), jusqu'à 50 % des erreurs de médication proviennent de malentendus lors de prescriptions verbales. Pourtant, dans des urgences comme une intervention chirurgicale ou un accident vasculaire cérébral, ces communications restent cruciales. Comment les rendre sûres ? Voici les meilleures pratiques à appliquer.
Prescription verbale Une ordonnance médicale communiquée oralement, soit en personne, soit par téléphone.Qu'est-ce qu'une prescription verbale et pourquoi en avons-nous besoin ?
Une prescription verbale est une ordonnance médicale communiquée oralement, soit en personne, soit par téléphone. . Bien que souvent perçue comme une solution temporaire, elle est en réalité indispensable dans des situations critiques, comme lors d'une intervention chirurgicale où le stérile est nécessaire ou dans les urgences où chaque minute compte. Selon l'Institut pour la Sécurité des Médicaments Canada (ISMP Canada), environ 30 à 50 % des erreurs médicamenteuses sont liées aux prescriptions verbales mal communiquées. Cependant, ces ordres restent autorisés par les Centers for Medicare & Medicaid Services (CMS) et la Joint Commission, à condition de suivre des protocoles stricts.
Les risques courants des prescriptions verbales
Les erreurs liées aux prescriptions verbales ne sont pas rares. Par exemple, en 2006, un bébé prématuré a reçu une dose incorrecte d'antibiotiques (ampicilline et gentamicine) à cause d'une confusion verbale lors d'un transfert. Des études montrent que 25 % des erreurs impliquent des noms de médicaments qui se ressemblent sonorement, comme « Celebrex » confondu avec « Celexa » ou « Zyprexa » avec « Zyrtec ». Les changements de quart sont particulièrement risqués : 42 % des erreurs surviennent lors de ces moments, selon le système PA-PSRS. Sans vérification rigoureuse, une simple malentendu peut mettre la vie en danger.
Les meilleures pratiques pour une communication claire
Pour éviter ces erreurs, certaines règles sont incontournables. Tout d'abord, la vérification « read-back » : le récepteur doit répéter l'ordonnance complète au prescripteur pour confirmation. Ensuite, l'orthographe phonétique est obligatoire : par exemple, « Ampicilline » doit être prononcé « A-M-P-I-C-I-L-L-I-N ». Les chiffres doivent être doublés : « quinze milligrammes » et « un-cinq milligrammes ». Les abréviations comme « BID » ou « PO » sont interdites - il faut dire « deux fois par jour » et « par voie orale ». Ces pratiques, imposées par la Joint Commission dès 2006, réduisent les erreurs de jusqu'à 50 %.
- Vérification read-back : Le récepteur répète l'ordonnance complète au prescripteur pour confirmation.
- Orthographe phonétique : Prononcez chaque lettre du nom du médicament (ex: « A-M-P-I-C-I-L-L-I-N » pour « Ampicilline »).
- Doublage des chiffres : Indiquez les nombres de deux façons (ex: « quinze milligrammes » et « un-cinq milligrammes »).
- Absence d'abréviations : Évitez « BID », « PO » etc. Utilisez « deux fois par jour » et « par voie orale ».
- Documentation immédiate : Enregistrez l'ordonnance dans le dossier médical dès que possible avec tous les détails nécessaires.
Médicaments à haut risque : restrictions spécifiques
Quelques médicaments nécessitent des précautions supplémentaires. Selon l'Autorité de Sécurité des Patients de Pennsylvanie, les ordres verbaux pour la chimiothérapie sont strictement interdits, sauf pour arrêter ou maintenir un traitement. Pour l'insuline, l'héparine et les opioïdes, les ordres verbaux ne sont autorisés qu'en cas d'urgence absolue. Les professionnels doivent toujours vérifier les protocoles locaux, car certaines institutions interdisent même ces ordres pour ces médicaments, même en urgence. Par exemple, le Washington State Department of Health recommande explicitement d'éviter les ordres verbaux pour ces médicaments non urgents.
Réglementations et normes à respecter
Les Centers for Medicare & Medicaid Services (CMS) exigent que toutes les prescriptions verbales soient authentifiées par le prescripteur dans les 48 heures. La Joint Commission Une organisation internationale qui établit des normes de sécurité pour les établissements de santé. , quant à elle, impose une vérification « read-back » pour toute prescription verbale depuis 2006. En 2023, 42 États américains ont intégré ces normes dans leurs lois de licence médicale. En France, bien que la réglementation diffère, les principes de sécurité restent similaires : documentation immédiate, vérification systématique et absence d'abréviations. Ignorer ces règles peut entraîner des sanctions légales et, surtout, des conséquences tragiques pour les patients.
Comparaison avec les ordres électroniques
| Critère | Ordres verbaux | Ordres électroniques (CPOE) |
|---|---|---|
| Précision | 50-70 % | 85-95 % |
| Taux d'utilisation | 10-15 % dans les hôpitaux | 85-90 % |
| Utilité en urgence | Essentiel pour les interventions critiques | Limité dans les situations stériles |
| Risques principaux | Confusion phonétique, erreurs de transcription | Erreurs de saisie, dépendance technologique |
Les systèmes CPOE Computerized Physician Order Entry : système informatique pour les ordres médicaux. ont réduit les prescriptions verbales de 22 % à 10 % dans les hôpitaux depuis leur introduction. Ces systèmes affichent une précision de 85-95 % contre 50-70 % pour les prescriptions verbales avec vérification. Cependant, dans certaines situations, comme lors d'une intervention chirurgicale, les ordres électroniques ne sont pas toujours pratiques. Les médecins d'urgence sur Reddit soulignent que « les ordres verbaux ont sauvé la vie d'un patient traumatisé en évitant 7 à 8 minutes de retard ». Ainsi, même avec l'essor des technologies, les prescriptions verbales resteront nécessaires dans 15-20 % des scénarios cliniques, selon l'Institut ECRI en 2023.
Exemples concrets : comment éviter les erreurs
En 2023, une infirmière sur le forum AllNurses.com a partagé une expérience cruciale : en spellant phonétiquement « hydralazine » (H-Y-D-R-A-L-A-Z-I-N-E) au lieu de « hydroxyzine », elle a évité une erreur de dosage dix fois trop élevée. De même, un médecin en salle d'urgence a précisé « dix milligrammes aussi dix-milligrammes » pour éviter toute confusion sur le chiffre. Ces exemples montrent que la rigueur dans la communication peut sauver des vies. Les professionnels expérimentés recommandent toujours de demander des clarifications, même si cela prend quelques secondes de plus.
L'avenir des prescriptions verbales
Avec l'expansion des systèmes CPOE et des technologies de reconnaissance vocale, les prescriptions verbales devraient diminuer à 5-8 % d'ici 2025, selon KLAS Research. Cependant, le Dr Robert Wachter Spécialiste en sécurité des patients et auteur de l'analyse NEJM Catalyst. , dans le NEJM Catalyst en 2023, souligne que « certaines situations cliniques nécessiteront toujours une communication verbale ». Cela rendra les protocoles de sécurité encore plus cruciaux. La FDA prévoit d'ici 2024 de standardiser les prononciations des médicaments à haut risque, s'inspirant des recommandations de l'ISMP Canada. L'objectif est clair : réduire les risques tout en préservant la capacité à agir rapidement en urgence.
Qu'est-ce qu'une vérification read-back ?
La vérification read-back consiste à ce que le récepteur répète l'ordonnance complète au prescripteur pour confirmation. Cette étape simple réduit jusqu'à 50 % des erreurs de prescription verbale, selon la Joint Commission. Elle est obligatoire pour toute prescription verbale depuis 2006.
Quels médicaments sont interdits en prescription verbale ?
Les ordres verbaux pour la chimiothérapie sont strictement interdits, sauf pour arrêter ou maintenir un traitement. Pour l'insuline, l'héparine et les opioïdes, ils ne sont autorisés qu'en cas d'urgence absolue. Des institutions comme le Washington State Department of Health recommandent même d'éviter ces ordres pour ces médicaments même en urgence. Toujours vérifier les protocoles locaux avant toute prescription verbale.
Pourquoi les abréviations sont-elles interdites ?
Les abréviations comme « BID » (bis in die) ou « PO » (per os) sont source de confusion. Par exemple, « U » pour unité a été confondu avec « 0 » (zéro), provoquant des surdoses. La Joint Commission interdit toute abréviation ambiguë depuis 2004. Il faut toujours écrire « deux fois par jour » et « par voie orale » pour éviter les erreurs.
Comment éviter les confusions entre noms de médicaments similaires ?
Utilisez l'orthographe phonétique : « A-M-P-I-C-I-L-L-I-N » pour « Ampicilline » et « H-Y-D-R-A-L-A-Z-I-N-E » pour « Hydralazine ». Évitez les noms qui se ressemblent sonorement comme « Celebrex » et « Celexa ». Les professionnels doivent connaître les paires à risque (ex: « Hydroxyzine » vs « Hydralazine ») et demander systématiquement des clarifications en cas d'incertitude.
Quel est le rôle du CPOE dans la réduction des erreurs ?
Les systèmes CPOE (Computerized Physician Order Entry) ont réduit les prescriptions verbales de 22 % à 10 % dans les hôpitaux. Ils affichent une précision de 85-95 % contre 50-70 % pour les ordres verbaux. Cependant, ils ne remplacent pas complètement les prescriptions verbales, car certaines situations critiques (comme une intervention chirurgicale) nécessitent une communication rapide. Le CPOE est donc complémentaire, mais pas une solution universelle.
Alexis Suga
Les prescriptions verbales, c'est une vraie bombe à retardement ! J'ai vu un cas où on a mélangé l'ampicilline et l'amoxicilline... heureusement qu'on a fait le read-back. Sans ça, le patient aurait eu une réaction allergique grave. Faut vraiment suivre les protocoles, sinon c'est la catastrophe !
février 5, 2026 AT 21:07